Le marché locatif touché par la crise
mercredi 28 novembre 2012 à 19h03
Le taux de mobilité des locataires reste historiquement bas, particulièrement dans les grandes villes. Les loyers, qui sont repartis en hausse à la fin de l'été, devraient à nouveau marquer le pas dans les prochaines semaines.
27 % des locataires ont déménagé cette année (©dr)Le marché locatif français s’enlise. La dernière édition de l’observatoire Clameur*, mise à jour mercredi, le décrit comme « inquiet et hésitant », victime du ralentissement économique et de ses répercussions en termes d’emploi et de pouvoir d’achat des ménages.
Ainsi, la mobilité résidentielle, qui se relève généralement à la fin de l’été, est restée très faible au cours des dernières semaines : seulement 27,2 % des locataires ont déménagé depuis le début de l’année (27 % à fin août), contre 27,6 % en 2011 et un peu plus de 30 % en 2004. Le niveau atteint est « comparable à [celui] qui avait été constaté en 2008, lors du déclenchement de la crise économique et financière internationale », précise le document. Le coup d’arrêt est particulièrement palpable dans les grandes villes, Paris en tête. Le taux de mobilité résidentielle des locataires dans la capitale est tombé à 17,7 %, en baisse de plus de 8 % depuis 2009 (19,3 %) et de pas loin de 20 % par rapport à « la situation qui s’observait au milieu des années 2000, avant le déclenchement de la crise des subprimes ». A Marseille, où « le marché est bloqué depuis 2007 », la mobilité plafonne à 18,8 %.
Hausse des loyers en trompe-l'oeil
Sur le front des loyers, Clameur fait état d’une accélération assez nette, en décalage avec la tendance à la modération annoncée au mois de septembre. En rythme annuel, le taux de croissance des loyers était de 2,4 % à fin novembre, deux fois plus élevé qu’à la fin du mois d’août (+1,2 %). Selon l’économiste Michel Mouillart, directeur scientifique de l’étude, cette progression est le résultat de « tensions saisonnières habituelles, à l’approche, notamment, de la rentrée universitaire ». Ces tensions sont palpables, principalement, sur les marchés « particulièrement déséquilibrés, où l’insuffisance de l’offre locative privée est source de tension ». En d’autres termes, les fortes hausses observées à Paris (+5,6 %), dans sa proche banlieue (+5,4 % à Argenteuil, +5 % à Saint-Denis, +3,1 % à Boulogne-Billancourt), ainsi que dans quelques-unes des grandes métropoles universitaires (+3,3 % à Bordeaux, +3 % à Nice, +2,4 % à Toulouse et Lyon), tirent la moyenne nationale. Ailleurs, Clameur recense des hausses plus mesurées (+1,6 % à Nantes, +1,2 % au Havre, +0,7 % à Caen), voire, dans « 20 % des villes de plus de 100 000 habitants ...
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