Paris : "Les acheteurs ont changé de comportement"

lundi 2 juillet 2012 à 11h18

Trois questions à Laurent Vimont, président de Century 21, qui explique la tendance actuelle des prix à Paris. Les prix parisiens ont atteint un nouveau pic fin juin, mais la hausse est en nette décélération.

laurent Vimont, président de Century 21 Francelaurent Vimont, président de Century 21 France (©dr)

Selon les chiffres que vous publiez ce lundi, les prix à Paris sont à un nouveau sommet, à 8 478 euros en moyenne, alors que les transactions chutent de plus de 20 % depuis un an. Comment expliquer une telle résistance dans la capitale ?

Laurent Vimont : Au niveau global, il n’y a pas un marché mais des marchés immobiliers en France. Il y a un manque de logements et une très forte demande à Paris, ce qui pèse inévitablement sur les prix. Cela dit, la hausse n’est plus que de 0,40 % sur les six premiers mois de l’année. Un coup de frein qui traduit la montée en puissance d’un nouveau phénomène, qui tend à s’accentuer : les acheteurs - de plus en plus âgés - ont changé de comportement récemment. Avec la présidentielle et la montée des taux d’intérêts, ils vendent avant d’acheter, alors que c’était l’inverse jusqu’à peu. Après avoir bénéficié d'une plus-value réalisée lors de la vente de leur logement, ils la réinvestissent dans leur nouvelle acquisition. Ce qui a eu tendance à faire chuter les ventes en excluant du marché de plus en plus de primo-accédants.

Tout risque de bulle est-il écarté ?

Laurent Vimont : Le marché parisien ne peut pas baisser. Rappelons que seulement 800 logements neufs ont été construits à Paris en 2011. Pour qu’il y ait une bulle, il faudrait que quelque chose la crève. En Espagne ou aux Etats-Unis, la structure du marché était de vendre d’abord, puis ensuite de construire. Par comparaison, en Espagne, le nombre d’invendus s’est établi à 1,5 million d’unités, alors qu’en France le taux de défaillance est très bas. Le marché s’autorégule en permanence.

Beaucoup d’agents immobiliers disent que seuls les biens de bonne voire d’excellente qualité se vendent en ce moment, laissant les biens médiocres sur la touche…

Laurent Vimont : Je ne suis pas d’accord avec cette analyse. Les biens insalubres ou avec défauts ont une décote qui est déjà intégrée dans le prix de vente des biens. Qui plus est, le déficit chronique d’offre de logements à Paris empêche qu'un tel phénomène se produise. En revanche, ce que l’on note aujourd’hui, c’est que les biens ne se vendent plus à n’importe quel prix.

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Propos recueillis par Léo Monégier - ©2013 LaVieImmo.com 13 | Pour commenter cet article, cliquez-ici

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