Loyers : "Le gouvernement devrait appliquer au parc social ce qu'il impose au secteur privé"
vendredi 7 septembre 2012 à 11h17
Quatre questions à Michel Mouillart, directeur scientifique de l'observatoire Clameur. Face à une hausse mesurée des loyers au sein du parc locatif privé, l'économiste remet en question l'encadrement décidé par le gouvernement, et demande plus de transparence sur la situation dans le parc public.
L'économiste Michel Mouillart (©dr)Si la mobilité résidentielle est aussi basse, n’est-ce pas tout simplement parce que les loyers sont trop élevés ?
Michel Mouillart : La contraction de la mobilité résidentielle est avant tout l’expression de la dégradation rapide des perspectives de la demande des ménages. Face à la détérioration du marché du travail et à la montée des risques qui pèsent sur leur pouvoir d’achat, ceux qui souhaitent déménager mais n’y sont pas forcés (dans le cadre d’une mutation professionnelle ou d’un divorce, par exemple), ont de plus en plus tendance à reporter leur projet. Compte tenu de la faiblesse de la construction locative privée, cette sédentarité réduit d’autant une offre de logements souvent insuffisante. D’où ce sentiment, de plus en plus répandu, principalement dans les grandes villes mais pas uniquement, que le marché de la location est bloqué. Mais il s’agit d’un problème de quantité plutôt que de niveau de prix. La mobilité résidentielle est d’ailleurs aussi faible à Marseille qu’à Paris, malgré des niveaux de loyers très différents. En outre, Clameur montre que la mobilité, qui était au plus haut en 2004, période de forte poussée des loyers, a commencé à se détériorer en 2006, et ce en dépit d’un début de ralentissement sur le front des prix….
Vous remettez en question l’encadrement des loyers décidé par le gouvernement, et le calcul effectué pour le mettre en place…
Michel Mouillart : Notre propos n’est pas de dire que le texte n’aurait pas dû être voté, ni qu’il ne faut pas encadrer les loyers. Il nous paraît cependant important d’insister sur le fait que celui-ci doit être mis en place en ayant à l’esprit que le marché locatif français dans son ensemble est en phase de ralentissement depuis maintenant six ans, tant en termes d’activité que de progression de loyers ; et qu’il n’est plus aussi dynamique qu’à la fin des années 1990 ou pendant la première moitié de la décennie 2000. Clameur montre que si on regarde l’évolution des loyers sur la période 2007-2012 au lieu de 2002–2010, comme l’a fait le gouvernement, le nombre ...
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