"L'emprunteur moyen devra être de plus en plus riche"
vendredi 23 novembre 2012 à 17h21
Bref entretien avec Maël Bernier, porte-parole du courtier en crédit Empruntis.com, dont le dernier baromètre, publié en début de semaine, a fait grand bruit.
Maël Bernier, porte-parole d'Empruntis (©dr)Les chiffres publiés en début de semaine montrent que les emprunteurs ont un niveau d’apport de plus en plus élevé. On ne prête qu’aux riches ?
Maël Bernier : Pour éviter tout risque de confusion, je pense qu’il est nécessaire de bien préciser que les chiffres de notre baromètre sont des moyennes. Les candidats à l’emprunt dont le dossier a été accepté cette année disposaient, en moyenne nationale, d’environ 50 500 euros d’apport personnel. Cela ne signifie pas que les banques ne prêtent pas aux ménages qui ne disposent pas d’une telle somme, mais que, compte tenu principalement du niveau élevé du prix des logements, les ménages qui peuvent se permettre d’acheter sont ceux qui disposent d’un apport important. Cela est particulièrement vrai à Paris, marché déserté par les primo-accédants et où l’apport moyen flirte avec les 200 000 euros, mais également dans les grandes villes de province. Dans les zones non tendues, en revanche, l’apport personnel moyen est beaucoup moins élevé.
A quoi ressemblera l’emprunteur moyen en 2013 ?
Maël Bernier : Je peux vous assurer sans prendre de risque qu’il sera plus riche encore l’année prochaine que cette année. Le projet de loi de finance ne prévoit pas la mise en place d’un nouveau prêt à taux zéro dans l’ancien ou de n’importe quelle aide à la primo-accession. Dans ce contexte, qui peut se permettre d’acheter ? Les ménages déjà propriétaires ou les investisseurs, pas ceux qui sont à la recherche de leur premier logement. En 2010, 40 % des emprunteurs étaient des primo-accédants. Cette année, ils ne sont plus que 20 %. Cette part va immanquablement continuer de diminuer dans les prochains mois.
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