Jeudi Noir : "Nous avons été expulsés de manière illégale"
lundi 17 septembre 2012 à 17h49
Manuel Domergue, porte-parole de Jeudi Noir, revient pour LaVieImmo.com sur l'occupation récente de l'immeuble situé au 24, rue Saint-Marc, dans le 2ème arrondissement de Paris. Alors que l'opération, qui a rapidement tourné court, était annoncée comme un test pour gouvernement Ayrault, il estime que celui-ci n'envoie pas « un signal très engageant en faveur de la lutte contre le mal-logement ».
Manuel Domergue, porte-parole de Jeudi Noir (©dr)Vous avez récemment occupé un immeuble dont Le Parisien a révélé qu’il devrait bientôt accueillir un établissement d’enseignement supérieur. Vous êtes-vous trompés de cible ?
Manuel Domergue : La seule certitude, c’est que l’immeuble est inoccupé depuis deux ans et que l’expulsion n’as pas été demandée par son propriétaire, le groupe CIRC [Caisse interprofessionnelle de retraite complémentaire, NDLR], mais par son locataire, dont nous ne connaissons pas l’identité. Un projet d’établissement d’enseignement supérieur est peut-être en cours… Nous aurions pu en avoir la certitude si l’expulsion avait été prononcée au terme d’une décision de justice. Quoi qu’il en soit, ce bâtiment de 1 500 m² est vide, en plein cœur de Paris, et il va vraisemblablement le rester de nombreuses semaines encore. Dans la mesure où nous dénonçons le mal-logement et la vacance locative, nous ne sommes pas trompés. Parmi les occupants de l’immeuble il y avait des familles éligibles au droit au logement opposable (Dalo) et en attente de relogement. Nous avons pour habitude de quitter les lieux que nous occupons dès lors qu’un projet sérieux et viable est en cours. Là, nous ne savons rien.
En même temps que l’occupation de l’immeuble, vous avez annoncé vouloir « faire monter la pression » sur « le nouveau pouvoir et la gauche ». Or vous avez été expulsés en quelques heures à peine… Vous attendiez-vous à autre chose ?
Manuel Domergue : Nous espérions autre chose - de là à dire que nous l’attendions… Nous avons été expulsés sans sommation préalable et sans intervention de la justice. Autant dire de manière illégale, comme nous l’avons été tant de fois du temps de [Claude] Guéant et [Brice] Horfefeux [deux des ministres de l’Intérieur de François Fillon]. On ne peut pas dire que le gouvernement envoie un signal très engageant en faveur de la lutte contr ...
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