Immobilier : "On ne résoudra pas la crise en opposant les genres"

mardi 25 septembre 2012 à 11h40

Bernard Cadeau, le président du réseau immobilier Orpi, s'explique sur les raisons du blocage du marché immobilier, et donne son avis sur la politique immobilière du gouvernement Ayrault.

Bernard Cadeau, président d'OrpiBernard Cadeau, président d'Orpi (©dr)

Le point de conjoncture de rentrée de Orpi montre des vendeurs déconnectés de la réalité. Diriez-vous que ce sont eux qui sont responsable du blocage de marché que vous évoquez ?

Bernard Cadeau : Nous faisons face à un marché pour le moins paradoxal, marqué par un déséquilibre structurel croissant entre offre et demande de logements, mais sur lequel les ajustements par le prix ne se font pas, ou du moins très lentement. En préparant notre baromètre, nous avons constaté que l’offre de biens immobiliers est assez nettement excédentaire sur le marché des maisons, mais structurellement déficitaire sur celui des appartements. On observe pourtant sur ces deux segments la même tendance à la résistance, voire à la légère hausse des prix. Soit une situation contraire à la logique, qui s’explique par la conjonction de deux phénomènes : d’un côté, on trouve un nombre important de vendeurs qui ont encore en tête des prix qu’ils ont vu pratiquer il y a douze à dix-huit mois, tandis que l’autre, un grand nombre d’acheteurs potentiels, pourtant bien décidés à réaliser une opération immobilière, n’ont pas les moyens de mener leur projet à bien – parce que leur pouvoir d’achat baisse, que les prix ont beaucoup augmenté et que les banques prêtent moins, et sur des durées plus courtes qu’il y a quelques mois. Logiquement, on se trouve dans une situation de blocage…

Qui pourrait se solder par une baisse de prix ?

Bernard Cadeau : Ce qui est certain, c’est que cette situation ne peut pas durer éternellement. En moyenne nationale, au premier semestre, les biens immobiliers vendus par Orpi sont restés 92 jours sur le marché. Soit 22 de plus (+30 %) qu’à la même période de l’année dernière. Il ne fait pas de doute que le cap symbolique des 100 jours sera bientôt franchi. Dans ce contexte, et même si – c’est important de le préciser ! - les bons produits mis en vente au bon prix continuent de se vendre en quelques jours, il faudra bien que les vendeurs qui se montrent encore réticents se mettent au diapason. D’un autre côté, malgré la lenteur des procédures, on peut espérer que le gouvernement mettra en place de nouveaux dispositifs à même de soutenir la demande des primo-accédants menacés de disparition depuis la suppression du PTZ ...

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Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2013 LaVieImmo.com 78 | Pour commenter cet article, cliquez-ici

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