Immobilier : "Les banques sont aussi prudentes qu'en 2008"
lundi 10 octobre 2011 à 14h09
Les banques prêtent toujours, mais moins facilement qu'il y a quelques mois. Ari Bitton, directeur général du courtier en crédit AB Courtage décrit le durcissement des conditions d'octroi des établissements prêteurs.
Ari Bitton, fondateur et directeur général d'AB Courtage (©dr)Est-il vrai que les banques prêtent moins ?
Ari Bitton : Le marché est très tendu, et il est indéniable que les banques ont durci leurs conditions d’octroi de crédit depuis l’été. Les critères habituels de sélection des dossiers sont appliqués de manière plus stricte. C’est le cas du niveau d’endettement de l’emprunteur, par exemple. Jusqu’au premier semestre, il n’était pas rare que les banques acceptent de financer des projets de ménages s’endettant à 36 % de leurs revenus, voire 37 % dans les meilleurs des cas. On ne voit plus cela aujourd’hui. Non seulement l’endettement ne doit pas dépasser le seuil 33 %, mais dans la plupart des cas, la banque tient également compte du saut de charge [différence entre la mensualité du prêt demandé et le montant du loyer acquitté par le demandeur, NDLR] et du reste à vivre [part de revenu restant après le paiement de la mensualité] – parfois même après impôt… On n’avait pas vu une telle prudence depuis 2008.
On a également parlé de réduction de la durée des emprunts accordés…
Ari Bitton : Si les durées baissent, c’est autant le fait des banques que des emprunteurs eux-mêmes. Cela fait déjà plusieurs mois que les demandes de prêts à 30 ans, qui est la durée la plus longue communément accordée en France, se font plus rares. Cela dit, il est indéniable que les banques se montrent plus prudentes aujourd’hui pour accorder un emprunt à 25 ans qu’à 15 ans.
Pensez-vous que les banques pourraient encore durcir le ton au cours des prochains mois ?
Ari Bitton : Tout dépendra de la résolution de la crise de liquidités… Maintenant une chose est sûre, ce n’est pas parce que les banques sont plus prudentes qu’elles ne prêteront plus ! Le crédit immobilier reste le principal vecteur pour capter de nouveaux clients, et elles n’y renonceront pas.
Quelles sont vos prévisions en termes d’évolution des taux ?
Ari Bitton : Cela fait maintenant quatre à cinq mois que les taux ne bougent plus. Alors qu’elles avaient suivi la remontée de l’



