Immobilier : "C'est l'appareil de production qui est touché !"

jeudi 2 août 2012 à 10h03

Trois questions à Michel Mouillart, professeur d’économie à l’Université de Paris-Ouest et directeur scientifique de l’Observatoire du financement des marchés résidentiels (Crédit Logement / CSA), dont la dernière édition, publiée la semaine dernière, fait état d’une forte chute de la production de crédit immobilier en France.

Michel Mouillart, économiste du logementMichel Mouillart, économiste du logement (©dr)

Les banques sont-elles responsables de la chute du crédit ?

Michel Mouillart : Ce serait méconnaître le fonctionnement du marché qu’affirmer une chose pareille. Cette chute, que nous anticipions dès la crise financière de l’été 2011, n’est en rien comparable aux contractions que le secteur a pu connaître par le passé, notamment en 2009 : la réforme Bâle III et les contraintes de fonds propres qu’elle fait peser depuis plusieurs mois sur les établissements prêteurs ont asséché le marché interbancaire. La situation sur le marché du crédit aux entreprises et aux particuliers est l’expression de ce blocage. Dans un autre contexte économique, Bâle III aurait simplement perturbé le marché du crédit ; dans le contexte actuel de récession économique, Bâle III en rajoute et accentue déprime du marché.

Vous avez de nouveau abaissé vos prévisions de production de crédit pour cette année. Peut-on descendre plus bas encore ?

Michel Mouillart : Au vu de l’évolution du secteur au premier semestre, on terminera vraisemblablement l’année sur une production de crédits de 120 milliards d’euros au mieux, 110 milliards d’euros plus probablement. Loin des 160 milliards d’euros de 2011 et en deçà, même, des 119,5 milliards d’euros de l’année 2009, précédent point bas. Et encore, il s’agit là des offres acceptées, pas de celles qui seront effectivement menées à terme. Si on raisonne en réalisations, la production de crédit immobilier pourrait bien tomber à 100 milliards d’euros. Si ce n’est pas cette année, alors ce sera en 2013. On court de ce fait le risque d’une stabilisation de l’encours de crédit en euros courants - une situation inédite qui réduirait le produit net bancaire (PNB) dans l’avenir, limitant d’autant les capacités futures de prêts des banques… C’est la moulinette infernale de Bâle III ! Il est urgent que les autorités monétaires réflé ...

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Propos recueillis par Emmanuel Salbayre - ©2013 LaVieImmo.com 6 | Pour commenter cet article, cliquez-ici

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