"Il y a urgence à soutenir l'immobilier neuf"
jeudi 16 août 2012 à 09h57
François Payelle, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI), commente pour LaVieImmo.com la baisse des ventes de logements neufs en France et les perspectives du secteur, bientôt privé du dispositif Scellier mais qui « réfléchit à un nouveau dispositif, compatible avec la volonté de la nouvelle équipe gouvernementale de soutenir la construction de logements intermédiaires ».
Jean-François Payelle, président de la FPI (©dr)Vous avez récemment évalué à 75 000 le nombre de logements neufs vendus en 2012, tout en prévenant que le résultat final pourrait être inférieur. Pouvez-vous nous en dire plus ?
François Payelle : Ce chiffre de 75 000 est une estimation, une extrapolation linéaire des ventes réalisées au premier semestre mesurées par l’Observatoire de la Fédération des promoteurs immobiliers de France. A ce titre, il peut être sujet à révision. Mais cette année, en raison de l’incertitude économique et des difficultés du marché du crédit, il n’est pas exclu qu’un nombre plus important qu’à l’accoutumée d’opérations pourtant autorisées soient abandonnées au second semestre. Il faut savoir que les établissements financiers n’avancent les fonds nécessaires à la construction d’un programme que s’il est précommercialisé à 40 ou 50 %. Or dans certains cas, il est devenu difficile d’atteindre de tels niveaux. Personne n’est en mesure de dire combien de programmes seront effectivement abandonnés, mais l’hypothèse d’une révision à la baisse de nos prévision ne peut être écartée.
A moins de 75 000 ventes, on tomberait sous les niveaux de l’année 2008…
François Payelle : 75 000, c’est à peu près le nombre de logements qui avaient été vendus en 2000, niveau le plus bas des quinze dernières années. En deçà, le secteur renouerait avec des niveaux de commercialisation observés au début des années 1990, pendant la précédente crise immobilière. A la différence notable que cette fois, la profession s’est préparée à affronter les difficultés économiques auxquelles le secteur est confronté et a su limiter le stock de logements pour éviter tout risque de portage d’invendus. On recense à l’heure actuelle environ 35 000 logements achevés ou en cours de construction, ce qui est évidemment très peu au regard du besoin de logements. Le risque dans une telle situation, c’est que si un nombre important d’opérations sont abandonnées dans les prochains mois, la machine pourrait bien s’arrêter… Compte tenu des délais de construction, le marché pourrait rester bloqué pendant de nombreux mois.
Vous avez ...
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