"Si le marché peut s'enrhumer, une grippe durable semble exclue !"
jeudi 21 février 2013 à 16h22
Une tribune d’Olivier Dacquin, directeur du développement commercial et de la communication de Banque Patrimoine & Immobilier.
Pour Olivier Dacquin, "le point de crispation provient de la demande" (©dr)Gage de sa résilience, le marché sécrète ses propres anticorps. Ceux d’une offre structurellement déficitaire, notamment dans les zones traditionnellement prisées. Tout au plus, les acquéreurs accroîtront-ils leur sélectivité et renforceront-ils les disparités du marché, entre le centre-ville des grandes agglomérations, où se concentre une demande plus solvable que la moyenne, et le reste du marché, où l’appauvrissement de la demande sera nettement plus marqué.
Pour la première fois depuis plusieurs années, le point de crispation provient de la demande. Les raisons sont multiples : perception par les acquéreurs de prix élevés et de leur insoutenabilité à moyen terme, conjoncture déprimée, inertie de la production de crédits immobiliers aux particuliers (après un repli de 26% en 2012, selon l’Observatoire du financement des marchés résidentiels), appauvrissement des dispositifs publics de soutien à la demande…
A des degrés divers, la plupart des typologies d’acheteurs sont concernés. C’est surtout le cas des primo-accédants, désolvabilisés par la posture plus restrictive des établissements de crédit et par la suppression du PTZ+ (Prêt à Taux Zéro +). Les secondo-accédants - dans une moindre mesure - sont également affectés par la raréfaction des prêts relais (par ailleurs, de moins en moins « généreux « ) et par l’asséchement du marché de la revente. C’est aussi le cas des investisseurs qui ne peuvent plus compter sur les incitations fiscales d’antan pour compenser le tassement des rendements locatifs dans le neuf. Résultat : un marché devenu plus restreint, plus atone. Bref, moins liquide.
2013, une année en deux temps
Pour toutes ces raisons, la plupart des économistes et des professionnels de l’immobilier semblent s’accorder sur un point : le marché devrait traverser un premier semestre 2013 difficile. Si le niveau historiquement bas des taux d’intérêt semble exclure le risque d’une forte chute, l’évolution des transactions milite, d’ores et déjà, pour un atterrissage général. La FNAIM craint que le volume de ventes dans l’ancien, dont elle estime à 150.000 unités l’appauvrissement au cours des douze derniers mois, ne dépasse pas 550.000 en 2013 (contre presque 800. ...
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