"Logements vacants: le miroir aux alouettes de la politique du logement", par François Gagnon

vendredi 2 novembre 2012 à 11h50

Une tribune du président des réseaux Era Europe et Era France, qui voit dans la « menace de la réquisition » brandie par le ministère du Logement une «  erreur d'appréciation, qu'il est temps de dénoncer ».

François Gagnon, président d'Era FranceFrançois Gagnon, président d'Era France (©dr)

La politique du logement a ses vieilles lunes. Voici que Madame Cécile Duflot brandit à son tour la menace de la réquisition, après avoir réactivé le mécanisme existant, mais un peu ensommeillé, de la taxe sur la vacance et avoir accru sa sévérité.

Elle s'inscrit à cet égard dans la droite ligne de ses prédécesseurs aux affaires, de Jacques Chirac maire de Paris à Marie-Noëlle Lienemann ministre du logement en passant par Pierre-André Périssol dans le gouvernement d'Alain Juppé Premier ministre. En clair, la question n'est pas idéologique... C'est bien pire: elle résulte d'une erreur d'appréciation, qu'il est temps de dénoncer.

Les pouvoirs publics ont accrédité la thèse que les propriétaires étaient prêts à tous les incivismes et à toutes les absurdités économiques. Ainsi, l'opinion a fini par penser que, par méchanceté ou par désespoir, une majorité de bailleurs personnes physiques préféraient laisser leur logement en jachère plutôt que de s'embarrasser d'une faible rentabilité et d'une exploitation délicate.

Seulement voilà, c'est faux. Deux indices de taille: lorsque le Président Chirac en 1995 a voulu réquisitionner 1000 logements, il n'a trouvé que des immeubles en cours de réfection appartenant à des investisseurs institutionnels...que l'État a achetés et transformés en logements sociaux. Madame Lienemann, en 2001, n'a pas fait différemment pour trouver 300 appartements dans la capitale intra-muros, avec à terme la même ingénierie financière... Bref, de la poudre aux yeux, du symbole si vous voulez, en tout cas pas le début d'un filon de solution politique. Second signe de l'inanité de ce moyen, la taxe sur la vacance: depuis qu'elle existe, consistant en gros en une taxe d'habitation négative, l'exercice de lever l'impôt coûte plus cher que le rapport de l'impôt lui-même, tellement sont rares les logements passibles de sanction. L'administration envoie à l'aveuglette des avis, qu'elle est conduite à annuler lorsqu'elle connaît la situation du logement. Pourquoi? On en arrive au sujet de fond, celui de la réalité et du phantasme de la vacance.

C'est en 1991 que l'État français s'est pour la première fois attaché à comprendre l ...

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