"La France peut-elle se contenter de 500000 transactions/ an ?"
mardi 8 janvier 2013 à 15h32
Une tribune de Jean-François Buet, président de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim).
Jean-François Buet, président de la Fnaim (©dr)Il est un sujet dont on parle sans cesse en matière de politique du logement, et un dont on ne parle jamais. Le premier a trait au niveau de la construction, avec la barre des fameux 500 000 logements. L'année 2012 nous a éloignés de ces objectifs, et tout le monde semble s'y résigner. C'est pourtant une épreuve économique et sociale pour le pays : la France manque d'un million de logements, et au rythme actuel de construction, inférieur à 350 000 unités par an, elle creuse son déficit dangereusement.
A force d'avoir été un sujet politique, le niveau de production s'est ensablé dans les dunes des thèmes dont on ne débat plus. Il ressortira inévitablement. Un autre sujet est apparu, celui des transactions dans l'ancien : le marché a perdu en 2012 près de 30% de son activité, menaçant des dizaines de milliers d'emplois dans le bâtiment au titre de l'entretien et de la rénovation, et dans les services, agences immobilières et cabinets de gestion. La France peut-elle vivre avec 500 ou 550 000 ventes par an, alors que le rythme était de l'ordre de 800 000 depuis plusieurs années ?
Clairement non. La raison en est simple : le marché de la revente des logements est un marché de besoins. Ce sont les mutations professionnelles, les mariages, les séparations, les naissances, les décès qui le conditionnent à plus de 80%. Le marché des résidences secondaires en constitue moins de 15%, et l'investissement locatif l'équivalent. Si le marché était parvenu au rythme de 750 ou 800 000 opérations par an, c'est que c'était sa respiration naturelle.
Alors que faire ? On ne peut que comprendre que l'Etat exsangue ne puisse plus comme par le passé soutenir le secteur du logement, et que le logement doive prendre sa part à l'effort collectif de restauration des finances publiques. On peut comprendre que le mécanisme le plus naturel de resolvabilisation de la demande soit la baisse des prix, et que les pouvoirs publics ne veuillent pas alimenter l'inflation... Seulement voilà, le gouvernement commet deux erreurs lourdes : il ne voit pas que la resolvabilisation par la modération des prix a déjà eu lieu, et qu'elle est même déjà à l'œuvre à Paris, traditionnellement le dernier bastion de résistance, et il a ...
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