L'immobilier haut de gamme révélateur de la tendance à l'exil fiscal
vendredi 11 janvier 2013 à 15h49
Tribune de Thibault de Saint-Vincent, président de Barnes. Le dirigeant de l'agence spécialisée dans l'immobilier résidentiel haut-de-gamme donne son point de vue sur « l'Affaire Depardieu », dont l' « ampleur macroéconomique » a été selon lui reléguée « au niveau de l'anecdote microéconomique ».
Thibault de Saint-Vincent, président de Barnes (©dr)Les Français ont eu un bien étrange spectacle au cours de la période de fêtes qui vient de s'écouler: entre les habituelles actualités sur les choix gastronomiques des familles, sur les cadeaux les plus prisés ou encore sur les augmentations prévisibles au 1er janvier, c'est une figure du cinéma national, Gérard Depardieu, qui a défrayé la chronique. Comme tout grand acteur, il n'a pas manqué sa prestation: Néchin d'abord, village naguère inconnu de Belgique, s'est acquis grâce à lui une notoriété au moins communautaire, avant que notre Premier ministre n'use de mots exceptionnellement durs pour condamner l'exil fiscal de celui qui, Obélix à l'écran, amoureux de la bonne chair, incarnait jusqu'alors la France dans ce qu'elle a de plus viscéral. Enfin, dernier acte, le Président Poutine soi-même a trouvé une solution aux tourments fiscaux de Gérard Depardieu, et lui a donné la nationalité russe. Notre homme s'acquittera dans sa nouvelle patrie d'un impôt forfaitaire de 13% sur ses revenus. The end.
Ce qui est ennuyeux avec cette histoire, c'est qu'elle met au niveau de l'anecdote microéconomique, quelle que soit l'immensité du talent de Monsieur Depardieu, ce qui a une ampleur macroéconomique. On a peu dit que l'acteur était aussi, de longue date, un chef d'entreprise estimable, créateur d'emplois et de valeur ajoutée. On a montré le luxueux intérieur de son hôtel particulier parisien, révélé ses amitiés slaves, et le monde s'est simplement coupé en deux: ceux qui l'approuvaient par admiration et ses détracteurs inconditionnels.
Barnes, spécialisé dans ce qu'il est convenu d'appeler l'immobilier résidentiel haut de gamme, vient de réaliser une étude sur les évolutions de ce marché spécifique en France. Ses enseignements sont nombreux: la dégradation des conditions économiques a beaucoup affecté le nombre des transactions de plus d'un million d'euros, malgré l'attrait que continue d'exercer notre capitale, mais aussi nos régions les plus prisées, la Normandie, le Pays Basque ou la Côte d'Azur. La clientèle française de l'immobilier de luxe est en outre nettement moins présente qu'elle l'a été: alors qu'elle représentait près de la moitié des acquéreurs en 2011 encore, elle n'en constitue qu'un quart.
Où ...
Lire la suite sur LaVieImmo.com
2 | Pour commenter cet article, cliquez-ici



