Résidentialiser les bureaux pour résoudre la crise du logement
vendredi 21 décembre 2012 à 18h36
Les économistes d’Immogroup Consulting estiment que 60 000 logements environ pourraient être construits en Île-de-France dans les quatre prochaines années dans des bâtiments tertiaires inoccupés.
60 000 logements pourraient être construits dans bureaux vides (©dr)Le ministère du Logement se tromperait-il de cible ? Dans sa dernière note de recherche (1), publiée cette semaine, le cabinet d’expertise Immogroup Consulting conseille à Cécile Duflot de laisser l’Eglise et les propriétaires de logements vacants de côté pour concentrer son attention sur « les millions de m² » d’immobilier d’entreprise actuellement vacants en Île-de-France, dont la « résidentialisation » pourrait aider à résorber la crise du logement qui frappe la région.
L’idée d’une reconversion des locaux tertiaires (bureaux ou entrepôts) inoccupés n’est pas neuve. Chère aux associations de défense des mal-logés, elle est régulièrement remise sur le devant de la scène par le collectif Jeudi noir, dont les occupations d’immeubles vides bénéficient généralement d’une large couverture médiatique. On se souvient notamment du squat du 22 avenue Matignon, dans le 8e arrondissement de Paris, qui s’était étalé sur plusieurs semaines début 2011 et avait valu aux « galériens du logement » le soutien appuyé de plusieurs personnalités politiques de l’opposition d’alors face à l’assureur AXA, propriétaire des lieux. Quelques mois plus tard, le député PS Christophe Caresche suggérait dans une proposition de loi finalement rejetée par l’Assemblée nationale, de taxer les bureaux laissés vides plus d’un an d’affilée, tandis qu’Europe Ecologie Les Verts (EELV), le parti de Cécile Duflot, l’actuelle ministre du Logement, promettait dans son programme pour la présidentielle d’aider à « la reconversion de bureaux en logements […] dans toutes les grandes villes ».
Rentabilité fiscale
Si, au cours des derniers mois, les associations n’ont pas manqué de déplorer le manque d’action du nouveau gouvernement sur le sujet, le rappel à l’ordre le plus virulent vient aujourd’hui d’Immogroup. Le cabinet connaît bien la question, puisqu’il lui a consacré pas moins de quatre études en près de trois ans. Début 2011 (2), Jean-Michel Ciuch et Evelyne Colombani, respectivement directeur général et directrice adjointe du cabinet, dénonçaient, déjà, « l’influence de ...
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